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Guitares
& Claviers n° 182
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Palissandre de Rio
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Palissandre des Indes
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Koa
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Erable
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Qu'en
est-il exactement de l'influence des essences constitutives du dos
et des éclisses sur la sonorité de la guitare ? Avant
de définir les caractéristiques fondamentales de ces
espèces, ne perdons pas de vue qu'il ne s'agit que d'un des
nombreux éléments qui forgent la personnalité
de l'instrument, au même titre que le choix du barrage, les
épaisseurs de bois et, bien sûr, l'expérience
du luthier. Par ailleurs, il s'agit de généralités
que viennent confirmer des exceptions. Il faut noter aussi qu'au
sein d'une même essence, on trouve des qualités très
diverses, le séchage et la coupe influent également
dans de grandes proportions. A tout seigneur, tout honneur : le
palissandre de Rio, bois quasiment mythique et désormais
en voie d'extinction, était jadis le seul palissandre utilisé
par les luthiers et les ébénistes. De la couleur brun-fauve
"pain d'épices" et magnifiquement veiné des vieilles
Martin au brun très foncé des guitares classiques
de concert, ce bois à l'esthétique superbe associe
des qualités remarquables de projection sonore à des
basses profondes et généreuses. Son talon d'Achille,
outre une stabilité moyenne et une certaine fragilité,
reste évidemment son prix, les meilleures fournitures de
Rio étant six à sept fois plus onéreuses que
le palissandre des Indes. Aujourd'hui, ce bois est inscrit au nombre
des espèces protégées, avec toutes les conditions
légales d'utilisation que cela engendre. Devant la raréfaction
du Rio, les fabricants se tournent donc dès 1965 vers son
cousin des Indes. Il est bien plus stable et de densité comparable,
son aspect est beaucoup plus sobre. Sa couleur varie du pourpre
au brun violacé avec des veines serrées et régulières.
Ses caractéristiques sonores très proches du Rio (avec
toutefois une projection moindre) en ont fait l'actuel standard.
L'acajou (d'Afrique ou d'Amérique du Sud) est lui aussi un
autre grand classique.
Ce
bois de couleur brun doré aux reflets roses et de densité
moyenne est très stable. Il procure un son clair et comme
"dégraissé" des basses souvent prépondérantes
du palissandre. Très utilisées en studio, les guitares
en acajou ne sont généralement pas aussi puissantes
que leurs homologues en palissandre. Pour l'anecdote, Doc Watson
et Clarence White (de redoutables flat-pickers !) enregistraient
leurs albums sur des instruments en acajou et se produisaient en
concert sur des modèles "palissandre"...
Les
bois modernes
Passons
maintenant à un nouveau venu dans le domaine de la guitare
folk, l'érable ondé. Ce bois, utilisé depuis
des siècles dans la fabrication des instruments du quatuor
(du violon à la contrebasse) souvent sous sa variété
sycomore et également omniprésent dons les guitares
de jazz, a gagné peu à peu sa place en guitare acoustique.
De couleur pale avec des ondes très marquées, il se
prête avec bonheur aux teintes les plus variées, du
miel ombré au sunburst le plus raffiné. Associé
à un manche lui aussi en érable ondé, il apportera
un surcroît de sustain et de définition en aigu. Sa
puissance comparable à celle du palissandre en fait un concurrent
remarquable, une alternative a étudier. On ne peut clore
cette liste sans mentionner le koa, une variété d'acacia
provenant des lies Hawaii. Ce bois de couleur brun-orangé
avec de belles veines foncées, et dont les plus belles pièces
présentes des ondes profondes, est très prisé
par les joueurs de blues et de bottleneck, sans parler de son adéquation
avec les musiques hawaiiennes, les ukulélés sont d'ailleurs
construits en koa. Cette petite revue des principales essences n'est
nullement exhaustive.
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