MatériauxRosaceBarrageEclissesAssemblageMancheEtapes finales En savoir plus...
Le barrage Le barrage allégé Des bois pour le corps
La table d'harmonie Le cèdre Au cœur des fibres
La fixation du manche Les frettes Le bois de touche
Le chevalet Le chevalet asymétrique Le piézo

Guitares & Claviers n° 191

piezo
A l'instar de nombreux puristes, rares sont les luthiers qui apprécient la sonorité d'une guitare électroacoustique. Néanmoins, malgré toutes les critiques que l'on peut formuler, il faut reconnaître que le renouveau de la guitare acoustique est dû en grande partie aux progrès accomplis dans le domaine de son amplification.

Si nous sommes encore loin des performances obtenues à l'aide d'un micro électrostatique placé devant la guitare (mais coûtant il est vrai le prix d'un instrument haut de gamme pour certains !), les derniers systèmes électro-acoustiques présentent un énorme avantage pour le musicien qui se produit sur scène : un recul très net de l'apparition du "larsen". En effet, une guitare "électro", sans toutefois prétendre au même niveau sonore que sa consœur électrique, a maintenant parfaitement sa place au sein d'un groupe de rock (pas trop près du batteur tout de même !). Ces progrès décisifs découlent d'un phénomène physique : la piézoélectricité. L'effet "piézo" (du grec presser) est basé sur les propriétés de certains cristaux, le quartz en particulier, qui produisent une charge électrique quand ils sont soumis à une pression. Au repos, ces cristaux possèdent une charge uniformément répartie sur toute leur surface. Si on applique une pression sur une face, les ions positifs et négatifs vont s'opposer créant ainsi une tension électrique. Une pression sur l'autre face va inverser les charges et donc la polarité. Il suffit de recueillir cette tension à l'aide de deux fils conducteurs pour obtenir un capteur de pression, ou de vibrations pour ce qui nous intéresse ! Naturellement, ces capteurs sont d'autant plus efficaces que la pression qui leur est appliquée est intense. Les fabricants les ont donc placés à l'endroit qui subit la tension maximum des cordes, c'est-à-dire sous le sillet de chevalet.

Cristaux et film

Si il existe aujourd'hui un très grand nombre de modèles sur le marché (Fishman, E.M.G., N. B ducer, L.R. Baggs, Highlander, Takamine, Ovation, etc.), tous fonctionnent sur le même principe : six cristaux de quartz (un par corde) reliés en série ou en parallèle, isolés des rayonnements extérieurs par de l'aluminium (Fishman ou E.M.G.) ou du silicone (Ovation), ou bien encastrés dans un rail de laiton (L. R Baggs). Les différentes sonorités de ces micros tiennent principalement à la dimension des cristaux utilisés et au matériau utilisé comme blindage. Tous délivrent un niveau de sortie très correct mais ils présentent également une très haute impédance (parfois plusieurs mégaohms) à l'amplificateur. Si tous les amplificateurs électroacoustiques disposent d'une entrée spécifique, un ampli d'électrique ainsi attaqué modifiera sensiblement le son en déformant la courbe de réponse, sans parler de la bande passante des HP inadaptée. Depuis quelques années, une nouvelle génération de capteurs a vu le jour, fonctionnant toujours selon le principe piézo mais en utilisant un film très fin. Ils présentent l'avantage de transmettre les vibrations sur toute la longueur du micro (indépendamment de l'écartement des cordes) et d'avoir une réponse moins agressive très utile pour adeptes du médiator. E.M.G., Fishman ou L. R. Baggs présentent des modèles de cette famille. Une contrainte toutefois : leur faible niveau de sortie nécessite un petit préampli situé dans la guitare le plus souvent dans le prolongement du jack de sortie. Gibson fut le précurseur dans le domaine du film piézo avec son micro SORS qui englobait tout le sillet de chevalet. D'une sonorité remarquable, en particulier par son manque total d'agressivité, ce capteur manquait de fiabilité et sa fabrication ne dura que quelques années. Les guitaristes les plus exigeants font maintenant équiper leurs instruments d'une association de deux micros : un capteur piézo sous le sillet de chevalet (à film ou cristaux) et un micro électret (minuscule micro chant placé à l'intérieur de la guitare. Ce dernier va ajouter de la rondeur, de la réverbération, tout en atténuant la sécheresse du piézo. Une telle installation requiert toutefois une alimentation pour l'électret et un préampli mélangeur afin de bien équilibrer les niveaux.

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