MatériauxRosaceBarrageEclissesAssemblageMancheEtapes finales En savoir plus...
Le barrage Le barrage allégé Des bois pour le corps
La table d'harmonie Le cèdre Au cœur des fibres
La fixation du manche Les frettes Le bois de touche
Le chevalet Le chevalet asymétrique Le piézo

Guitares & Claviers n° 193

Après avoir évoqué les avantages et inconvénients des capteurs piézo-électriques, il est temps de mettre en garde les téméraires qui voudraient se lancer dans l'aventure et tenter d'assurer eux-mêmes le montage de leur piézo.

Si certaines étapes sont à la portée de tout amateur méticuleux, d'autres en revanche (le travail sur le sillet dont dépend le parfait équilibre entre les cordes en particulier) demandent une grande expérience ou, à défaut, une bonne dose de chance.

Voici donc quelques conseils qui ne sont pas destinés à vous inciter à installer de quoi amplifier vous-même votre guitare mais plutôt à prévenir une éventuelle catastrophe. Voici donc les étapes du montage d'un capteur piézo, vous êtes prévenu des risques importants que vous pouvez faire courir à votre instrument chéri, à vous de savoir si vous les assumez ou pas. Mais ne venez pas vous plaindre, vous êtes averti !

Le premier problème consiste à percer le trou pour le passage du jack de sortie : c'est bien entendu ici que l'accident le plus bête peut arriver, et il arrive plus souvent qu'on ne le croit. Combien de blocs talons ont éclaté suite à un perçage sans avant-trou à l'aide d'un foret de diamètre trop important. Pour que cela ne se produise pas, les luthiers utilisent une "louce", sorte d'alésoir qui va agrandir le trou préalablement percé avec un foret à bois. Cette louce ne faisant néanmoins pas encore partie de la panoplie de l'homme moderne, vous allez devoir percer très progressivement de millimètre en millimètre et ce jusqu'à 12 mm avec des forets de plus en plus gros.

Les jacks ayant un diamètre extérieur de 12,7 mm, une râpe "queue de rat" maniée avec une extrême précaution (en poussant et surtout pas en tirant sous peine d'écailler le vernis) complétera le travail. Il est évidemment bien tentant de fixer le jack sur l'éclisse plutôt que sur le bloc talon mais cette opération qui parait plus simple est totalement déconseillée car le jack mâle dépassant de cette dernière sera tôt ou tard source de fracture. Les accidents arrivent vite, et pas seulement sur scène.

La deuxième étape ne présente pas de risque pour l'instrument mais requiert une grande précision. Il s'agit d'aligner correctement le capteur afin que chaque cristal repose sous sa corde. Ces capteurs étant disponibles en trois écartements et deux largeurs différentes, il est essentiel de ne pas se tromper lors de l'achat. La distance entre les deux Mi au niveau du chevalet va vous donner l'écartement (généralement 54 mm pour les six cordes, 57 pour les 12 et 61 mm pour les classiques), pour la largeur, il suffit de mesurer le sillet de chevalet à l'aide d'un pied à coulisse.

C'est ensuite le perçage du trou pour le fil du micro qui positionnera le capteur. Pour cela, tracez au crayon sur le chevalet l'emplacement des deux cordes extrêmes et centrez parfaitement le micro par rapport à ces deux lignes. Marquez enfin la place du conducteur avec une pointe à tracer ou à défaut une pointe de compas puis percez un trou de 2,5 mm de diamètre.

Il nous reste maintenant à relier le micro au jack : un fer à souder de 25 watts s'impose. Dénudez bien les conducteurs (signal et masse), torsadez la tresse métallique et étamez légèrement les deux fils. Soudez ensuite le fil qui véhicule le signal à la grande cosse du jack. Toute soudure sèche, c'est-à-dire présentant un aspect terne, est à proscrire. Une bonne soudure doit être brillante, c'est un gage de fiabilité.

Il faut bien chauffer la cosse et présenter la soudure au conducteur, il n'absorbera la soudure qu'après avoir atteint la température idéale. Une dernière précaution après avoir soudé la masse : pensez à blinder le jack afin d'annuler tout effet microphonique et minimiser ainsi le rayonnement des néons. Fishman livre à cet effet un capot métallique qu'il suffit de visser sur le jack et L.R. Baggs fournit une languette de laiton auto-adhésive afin de l'entourer.

Le montage du capteur est maintenant terminé mais la chance n'arrive pas toujours et vous serez peut-être obligé de passer à une étape autrement plus délicate : l'ajustage du sillet dans sa gorge…

Alain Quéguiner

Guitares & Claviers n° 193 - Page 58

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