 |
 |
ALAIN
QUEGUINER MODELE STUDIO
Prix : 5500 euros environ avec pan coupé (selon options)
Style : Folk pan coupé forme Studio
Largeur au sillet : 45 mm
(43 mm en option sur notre modèle)
Table : sitka du Canada
Fond et éclisses : palissandre des Indes
Manche : acajou et érable ondé
Touche : ébène
Chevalet : palissandre de Rio
Mécaniques : Gotoh 510 à boutons ébène
Equipement électro à la demande
(Fishman Matrix pour notre modèle)
Cliquez
sur les photos pour les agrandir
La grande classe
On ne présente plus Alain Quéguiner, dont la lutherie exceptionnelle,
à la fois sobre, élégante et redoutablement efficace, a séduit les
plus grands, de Maxime Le Forestier à Lenny Kravitz. La production
d’Alain se répartit essentiellement en trois modèles : OM (d’inspiration
Martin), Jumbo et Studio, modèle le plus personnel en termes de
son et d’esthétique - objet de ce banc d’essai.
Jumbo/Studio
En créant son modèle Studio, Alain Quéguiner
a voulu "saffranchir des contraintes Martin", avec
une construction proche du modèle OM, tout en imposant sa
propre esthétique. Aussi bien, si on le compare avec son
fameux modèle Jumbo, la caisse est-elle moins profonde, moins
large et moins longue (2 cm de moins sur la table dharmonie,
15 mm en profondeur, et 2 cm en longueur), afin de privilégier
léquilibre sonore, première exigence dans le
cahier des charges que sest fixé le luthier. Si le
magnifique effet de ruche de la Jumbo a de quoi séduire en
utilisation domestique, Alain a cherché ici à limiter
lemphase sur la corde de sol et la "tournerie dans le
bas" propre aux instruments de plus grandes dimensions, pour
favoriser une utilisation professionnelle, notamment en configuration
"prise de son" (doù le nom du modèle).
Autre avantage de cette caisse plus petite, un confort accru lors
de la prise en mains (selon la morphologie de chacun
).

Credo esthétique
Pour l’heure, notre oeil a plutôt tendance à s’attarder sur les
solutions toutes de raffinement et d’élégance convoquées par le
luthier pour ajouter léquilibre des lignes et du dessin
à celui de lexigence sonore. Prenons le manche, par
exemple, constitué dun collage dacajou et dérable
ondé (pour en renforcer la densité, et donc améliorer
le sustain) : pas moins de neuf épaisseurs, dont deux séries
de trois feuilles de 3/10ème de millimètre dérable
teinté (noir), sharmonisant au passage avec lesthétique
des filets de tête, des filets de touche et des bords de nacre
de la caisse (aux contours ici plus fins quà laccoutumée
: 1,2 mm contre 1,6 mm) ! Le credo esthétique du luthier
saffirme également dans la forme et la technique retenue
pour le chevalet (ici en palissandre de Rio) : labsence de
cheville est à la fois une marque délégance
et un gage de sécurité pour linstrument (adieu
les chevalets fendus ! - Quéguiner jugeant les chevilles
décidément "primaires et anachroniques",
le couple/tension demeurant par ailleurs le même). Le motif
des oiseaux (en repères de touche et décoration de
tête) illustre enfin le goût et la cohérence
sappliquant à chaque chose, à lharmonie
des courbes de la caisse cintrée comme au choix des essences
(sitka du Canada, palissandre des Indes
), à la sélection
des matériaux (ainsi de livoire fossilisé du
sillet, un "classique" de la lutherie haut de gamme) comme
à lattention portée au moindre détail
(angle arrondi de la fileterie de caisse, en érable ondé).

Sensations inoubliables
Léquilibre sonore est donc ici de mise. Du reste, la
prise en mains savère un régal, notamment grâce
aux dimensions réduites de la caisse.
Linstrument fait immédiatement corps, et met demblée
en confiance, par sa fiabilité exceptionnelle (confort, justesse,
précision, facilité, plénitude
). Lensemble
du spectre se réveille, sans "angles morts" ni
renoncements : pas de basses envahissantes, mais une remarquable
présence, sur la totalité du registre. Par son manche,
ici assez étroit (à la demande), au profil idéal,
aussi bien que par son architecture générale (forme,
dimension, pan coupé), ce modèle se destine peut-être
naturellement davantage au jeu au médiator (ergonomie, rapidité
des traits), quau fingerstyle (sans rien exclure toutefois).
A ce titre, signalons la qualité de la projection, douce
ou plus agressive si lon "envoie", conformément
aux intentions de jeu, et la très large palette de nuances
possibles en fonction de lattaque et du choix du médiator
(épaisseur, matière) avec un instrument comme celui-ci,
chaque détail compte ! Des rythmiques folk au jazz, de la largeur
des accords ouverts à la subtilité d’un jeu arpégé, la Studio réagit
avec bonheur à toutes sortes de stimulations, affichant sa polyvalence.
Mais c’est avant tout à travers la clarté et le respect des plans
sonores, et le détaché des voicings, qu’on réalise pleinement "à
qui" l’on a affaire, l’instrument délivrant alors de très belles
et inoubliables sensations.
Max Robin
ON AIME : le son, l’esthétique irréprochable.
ON REGRETTE : RAS !
NOTES SUR 10
- Lutherie : 10
- Confort de jeu : 10
- Son : 10
- Rapport qualité/prix : hors normes
Guitarist
Acoustic n° 17 11/04/08
|
 |
 |